ça m’emmerde, paris.
j’ai plus envie.
c’était chouette le weekend dernier, revoir les amis, et puis la soirée de poche, et les gossips, vin clope bonne bouffe et puis balcon, télé, buttes chaumont, et encore du champagne, des fous rires des photos des figues fraîches et du mcdo.
c’était chouette mais ça m’emmerde, paris. je suis fauchée, je peux pas faire autrement que rester ici quelques mois pour mettre des sous de côté et après on verra, sauf que là maintenant, ça m’emmerde paris. je regarde les annonces de coloc, j’y vais à reculons, c’est cher, les proprios sont des gros cons, c’est pas cher et le quartier est pas terrible, c’est moche, montréal m’a pourrie-gâtée avec ses jolies rues, ses escaliers, ses arbres partout, ses terrasses et ses parcs.
paris et moi on est au bord de la rupture, on s’emmerde, enfin moi, je marchais dans les rues du 3e du 11e du 19e du 20e et je me disais, qu’est-ce que t’es moche, paris, qu’est-ce que t’es morte, t’es grise et t’es morte, tout le monde se planque derrière ta laideur dans des cages à lapin, en s’enfermant à double-tour et en guettant l’autre, en guettant l’escroc parce qu’ici on se méfie, ici on rend pas service et on a peur, et on se plaint parce qu’on a de quoi mais c’est trop tard, et on s’emmerde, paris, on s’emmerde quand il fait beau, on s’emmerde quand il fait froid, et le métro ça pue mais c’est pratique, mais faut subir les autres, mais c’est pratique, et puis t’es sale paris, qu’est-ce que t’es sale, et t’es dense, c’est pour ça qu’on râle et qu’on est mauvais et qu’on est gris, c’est parce que la cage à lapin elle s’arrête pas au paillasson.
