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12.02.07 // 16:21

en décembre ou janvier je ne sais plus bien, pendant les vacances, on avait été boire un verre et quelques jours après je lui avais dit je crois qu’il vaudrait mieux qu’on ne se donne plus de nouvelles – c’est mieux. je lui avais raccroché au nez et le surlendemain j’avais su pour berlin alors je lui avais laissé un message auquel il n’a jamais répondu. mais samedi soir j’ai eu envie de l’appeler je ne sais pourquoi. il ne répondait pas. il m’a rappelée dimanche midi et je lui ai dit j’avais envie de te parler et que j’étais déçue qu’il ne m’ait même pas félicitée pour berlin il a répondu qu’il était désolé que sur le coup il était un peu fâché et qu’après il a oublié. on a parlé de tout de rien ses exams les miens comment ça va – bof. il m’a reposé cette stupide question pourquoi tu n’essaies pas de te remettre avec quelqu’un, alors j’ai dit tu sais très bien pourquoi, parce que je t’aime encore, toujours, il a soupiré je lui ai dit tu connaissais déjà la réponse ne te plains pas. il a dit ça fait quatre mois, je n’ai pas aimé le ton qu’il a pris, je lui ai dit j’y peux rien tu crois que ça me fait plaisir d’être comme ça, et puis j’ai réfléchi ça fait bien un tiers d’une année ça quatre mois, dans deux mois ça fera la moitié, la moitié d’une année à ne pas s’en remettre, six mois à ne même pas envisager quoi que ce soit, à essayer d’imaginer ce qu’il pourrait se passer avec quelqu’un d’autre et être presque dégoûtée rien qu’à l’idée de mains autres que les siennes sur moi, d’un corps autre que le sien à côté de moi. quatre mois, six mois, où est la différence. évidemment je lui ai demandé, et toi est-ce que tu as rencontré quelqu’un et j’ai entendu sa gêne à l’autre bout du fil il a dit ne parlons pas de ça alors je ne suis pas bête la réponse est oui, il dit oui mais c’est plus compliqué que ça. je ne pouvais pas en rester là alors je lui ai dit raconte. il sort avec une fille. une danoise de son école. une connasse de danoise qui a déjà un homme là-bas, dans son putain de danemark. comme si ça ne lui suffisait pas déjà. je lui dis et tous tes beaux discours, ceux que tu sors à ton pote j. qui a pensé tromper sa copine, il dit qu’il les lui sert toujours, que c’est pas vraiment son problème, elle fait ce qu’elle veut, cette connasse de danoise. il dit de toute façon elle a un job qui l’attend là-bas et peut-être qu’elle va rompre avec son mec de retour au danemark, mais il s’en fout, il me dit c’est plutôt un cdd cette relation. je trouve ça affreux comme concept, une relation cdd. je lui demande depuis quand, il dit fin janvier. je dis est-ce que tu es amoureux d’elle, il répond qu’il vit le truc dans le présent, que de toute façon voilà comme je t’ai dit c’est un cdd, on se préoccupe pas d’après. je ne comprends pas vraiment, et s’il tombe amoureux ? je ne dis rien. il me dit ça va ? je réponds non, forcément, il dit j’aurais dû te mentir alors que cinq minutes avant c’était je préfère être sincère. je dis que la chose que je déteste le plus c’est bien le mensonge et tu le sais. je dis maintenant je vais essayer d’arrêter de t’imaginer avec elle. je me dis que cette relation est pathétique. je me dis que c’est peut-être moi qui le suis, pathétique. je me dis que non, je suis juste complètement amoureuse et donc complètement bousillée. et puis on raccroche et je pleure doucement. pas longtemps. et hier soir j’ai lu unlikely, j’ai refermé le bouquin et j’ai pleuré. je me suis levée j’ai éteint la lumière et j’ai éclaté en sanglots, j’ai pleuré comme ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps, pendant deux heures. au moins. j’ai dormi une heure je me suis réveillée les paupières gonflées les yeux rouges, et qui brûlent. j’avais rendez-vous à place d’italie et ensuite je suis allée en cours. je me suis endormie en syntaxe, j’avais très, trop chaud, de la fièvre et la nausée. j’ai appelé pour dire que je ne pourrai pas travailler ce soir j’ai mis mon bonnet et je suis partie vers le métro. j’ai bien crû vomir ou m’évanouir là en pleine rue à cause de cette boule dans le ventre et la migraine et je suis malade aussi. les oreilles qui se bouchent dans la rue, dans le métro je regarde droit devant moi assise sur un strapontin de toute façon je regardais dans le vide parce qu’il n’y avait que ça, du vide, rien plus de bruit plus rien. juste moi et cette merde qui me bouffe et les larmes qui montaient. heureusement qu’il n’y avait plus de piles dans mon lecteur sinon je sais bien ce que j’aurais mis, et play, et j’aurais chialé tout le long. on appelle ça l’amour, c’est pas toujours joli-joli. j’ai l’impression de m’être fait larguer une seconde fois. je sais bien que je l’ai cherché, à savoir s’il voyait quelqu’un, à lui poser des questions sur ce qu’il a appelé une aventure puis une relation, mais c’est plus fort que moi, avoir mal maintenant pour pas que ça me retombe sur le coin de la gueule dans quelques mois, quand j’irai mieux ou pas. je monte les escaliers je manque de tomber, c’est comme si j’avais rien mangé ce midi, pourtant si. j’ai juste envie d’une anesthésie. générale. à l’instant c. au téléphone je lui raconte et elle me dit mais il sait que ça te fait souffrir autant ? oui. et il dit quoi ? rien, qu’est-ce qu’il peut y faire hein, à part soupirer.