tu penses quoi toi tu dis rien.
je suis à la gare sur le quai mon sac est trop lourd et j’allume la première cigarette du paquet que je viens d’acheter – j’ai oublié que j’avais arrêté de fumer. j’attends mon train pour rentrer à paris et je rappelle ryan qui m’a laissé un message incompréhensible. il me dit je sors de chez l’orl et c’est pas une angine mais une mononucléose. je lui dis oh merde mais ça me fait rire alors je lui demande combien de pelles t’as roulé à bruges pour choper ça, il grogne il dit tu sais bien, personne, il dit j’ai dû boire dans le verre de quelqu’un qui avait le virus. pas de chance tu reviens à paris t’es malade, il dit oui je sais on va pas pouvoir se voir cette après-midi, je me dis c’est ptêt un signe mais faut que j’arrête avec les signes ça devient pathologique, il continue il dit et ça m’ennuie parce que ça m’aurait fait plaisir de prendre un thé avec toi, je dis moi aussi je dis tant pis hein. et il dit je repars le 10 – je le coupe ma rentrée c’est le 8 et j’ai encore des exams et un essay à rendre sur mrs dalloway – il dit bon alors on peut essayer de se voir vers le 3-4, je dis de toute façon tu m’appelles quand tu te sens mieux que tu te sens bien pour sortir. il dit d’autres choses genre son planning pour les prochains jours je lui raconte ma copine clémence qui a eu la mononucléose y a un mois elle aussi est en école, elle faisait des nuits de plus de douze heures. il grogne il dit merde. encore d’autres choses. politesses politesses je t’embrasse euh très virtuellement il dit et j’entends son sourire, je dis oui au moins ton virus ça me fera un prétexte pour ne pas essayer de t’embrasser. six minutes quinze secondes.
chez bibi on il sait recevoir il me console du noël pourri que j’ai eu avec du foie gras du magret des épinards et du blanc, je joue vive le vent sur sa gratte sèche et je trouve le moyen de me planter. il m’apprend un bout de nothing else matters que j’aurai oublié dans deux jours. et la terre du milieu et j’me demande au milieu de quoi je suis, le cul posé sur le futon là avec une autre clope mais je compte plus, the cure ad ad je sais plus quoi, allez on s’en fiche, soyons fous.
sortons les verres à dégustation.
