le mois d’août avait mal commencé, horaires de bureau dans le même office notarial que l’été dernier, problèmes domestiques, pas de fric, pas de sexe. un mercredi la réceptionniste m’appelle et me dit il y a quelqu’un pour toi. en arrivant je me demande ce que ryan phillippe fout là et puis on se regarde comme deux ronds de flan pendant trois secondes, il bégaye un truc, je prends ses documents et il s’en va. dans mon bureau je regrette de ne pas l’avoir invité à prendre un verre, tant pis. le lendemain le type qui l’avait envoyé m’appelle et je lui dis clairement que je voudrais bien revoir le jeune homme en costume qui est venu hier. après moult mésaventures il revient le vendredi et évidemment j’attaque, record battu: moins de deux minutes pour obtenir son numéro griffonné au dos d’un courrier. lundi on va boire un des verres cocktails à montparnasse, on marche jusqu’à st germain manger une pizza, on marche jusqu’à st michel et on prend le métro chacun de notre côté, mais avant de le quitter je lui dis de passer voir lost in translation à l’appart puisque lui aussi voudrait se marier avec scarlett. par contre il faut préciser que quand nous sirotions nos margaritas il m’a prévenue qu’il partait trois semaines plus tard faire sa dernière année d’études de droit à bruges. ah. génial. eh c’est pas comme si j’étais pas habituée. j’aurais préféré londres, amsterdam ou berlin mais on peut pas tout avoir. ryan donc, appelons-le ryan, m’a embrassé pour la première fois dans la cuisine, pendant que je faisais cuire deux cordons bleus monoprix dont je tenais encore l’emballage dans la main gauche. romantisme, j’écris ton nom. après le film de sofia vous imaginez bien qu’on a pas dormi, c’était top, n’ayons pas peur des mots. s’ensuivirent trois semaines géniales, malgré mon découvert, malgré les soucis domestiques, malgré le compte à rebours de son départ. love to love you baby, ça pue la guimauve ici.
bruges a un surnom: la venise du nord. j’ai visité venise. j’ai visité bruges. si j’habitais à bruges, je me suiciderais. les gens sont laids, le flamand c’est laid, il y a toujours une bruine sournoise qui ruine ton brushing, il y a des putains de calèches partout, il y a des putains de touristes partout, tout le temps et il n’y a rien à faire. rien. heureusement qu’il y a un h&m et que ryan est dans une école avec des gens de toute l’europe et qu’on peut boire et se marrer et parler anglais et espagnol et apprendre des expressions suédoises et des blagues grecques et parler de pornos hollandais et rencontrer des lettons et des maltais. mais bruges plus d’un weekend, tu finis comme michael douglas dans chute libre.
les cours reprennent lundi, ça fait six jours que n’ai pas touché à une cigarette, j’ai environ mille cinq cent pages à lire en 48h autant regarder clerks à la place, la touche n de mon clavier fonctionne une fois sur trois, j’ai acheté une mini-jupe schoolgirl style, hell de lolita pille est une merde prétentieuse, offrez-moi la nintendo ds lite, et j’ai putain de mal au dos.
si j’avais un bureau j’aurais écrit un post plus long. malheureusement je ne peux pas mettre de bureau dans ma chambre, le jacuzzi prend déjà toute la place.
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