c’est un argument de poids.
déjà je sais pas vous, mais regarder le patinage artistique ça me détend, vous imaginez pas. certains font des sudoku, du tricot, baisent ; les sudoku ça me stresse le tricot je sais pas faire et la dernière option n’a vraisemblablement pas besoin d’être commentée. des costumes qui font cling cling aïe ça pique les yeux, dix centimètres de maquillage sur la gueule option bouche rouge pute pour la nana, de la musique kitsch ou pas – de l’adaggio de mahler à la panthère rose – et un sponsoring inespéré pour les marques de dentifrice. surtout les commentaires techniques de nelson j’ai-avalé-la-page-”extraordinaire”-du-dictionnaire-des-synonymes monfort ponctués par les remarques de candeloro sur les nichons de la russe, le cul de l’ukrainienne ou le visage de l’américaine “et je ne vous parle pas du reste hahaha” c’est bonheur. oui tout à fait je me sens comme bridget jones sauf que je n’ai ni trente ans ni ben & jerry’s dans le congélo. jsuis pas du genre à me laisser aller – j’veux dire après une rupture. le style cheveux gras no make-up je me suis habillée dans le noir c’est pas la meilleure stratégie à adopter pour rebondir. déjà que c’est pas joli joli à voir à l’intérieur, autant ne pas foutre en l’air la façade, et griller bêtement les atouts indéniables qu’on a et que personne ne nous enlèvera jamais. on peut pas dire que les cernes de celle qui pleure autant qu’elle dort ça aide, pareil pour l’oeil mouillé en permanence toujours prêt à verser des torrents à la simple évocation de celui-que-j’aime-mais-que-j’ai-quitté, la vague impression de flotter quelque part entre ici et *helloooo* je ne suis pas là pour le moment *are you somewhere feeling lonely ?* mais veuillez laisser un message après le *tell me how to win youuuur heaaaart, for i haven’t goooot a cluuue* sonore, d’où l’air paumé et un tantinet ahuri que je me trimballe depuis vendredi, et qui je n’en doute pas un instant doit sûrement plaire à un certain type de.. types, mais pas nécessairement mon type. alors en fin de compte je planque les signes extérieurs de tristesse et puis je mets ma jolie lingerie même si j’entends encore ses commentaires sur le shorty en dentelle, je fais comme si, parce qu’autrement, je sais pas.
